Hassane est accompagné par l’antenne Saint-Vincent-de-Paul (Paris, 10e). Après sa rencontre avec les Captifs il y a deux ans, il bénéficie, depuis mars 2026, d’un hébergement social et se bat toujours pour obtenir sa carte de séjour.
« Chez nous, on dit : quand tu es déjà né, tu es obligé d’affronter », lance Hassane. « Je suis obligé d’avoir l’espoir. » Un espoir que de nombreuses années de galère, de travail au noir et de vie à la rue auraient pu détruire. Un espoir qui a mené cet homme originaire de Côte d’Ivoire jusque devant la porte de l’antenne Saint-Vincent-de-Paul, il y a bientôt 2 ans. Un espoir qui l’a fait revenir semaine après semaine, pour pouvoir bénéficier d’un accompagnement social qui lui permettrait enfin de s’en sortir. « Tous la main dans la main, c’est ça les Captifs ! », confie-t-il. « Les Captifs, ça m’a donné beaucoup d’espérance. » Car parfois, cette espérance est mise à rude épreuve. Quand on voit les autres avancer, que nous sommes nous-mêmes bloqués… par une peur, un projet, une démarche. « Moi, c’est en essayant d’obtenir ma carte de séjour que j’étais désespéré… », avoue Hassane. « Sans cette carte, on devient esclave. » Depuis son arrivée en France en 2013, il a dû se débrouiller pour gagner son pain, notamment en travaillant au noir dans un restaurant. « Le travail au noir, pour moi c’est de l’esclavage », affirme-t-il, le regard plongé dans ses souvenirs. « Comme tu n’as pas de papiers, tu n’as pas de droits et les patrons abusent de toi… Si tu arrêtes de travailler quand tu as fait tes heures ou que tu réclames ton salaire, tu es remplacé par quelqu’un d’autre le soir même. » Tout cela couplé avec les galères de logement, entre le sol gratuit d’un salon de coiffure, le lit payant d’un appartement dont le propriétaire lui fait payer les dettes ou sa tente plantée à Sarcelles. Vivre à la rue, un esclavage.
« ça a été comme un déclic pour moi. C’est mon plus beau souvenir aux Captifs ! »
Il y a quelques années, si on lui avait dit que jouer au théâtre, s’adonner à des exercices de respiration ou se remettre au djembé l’aiderait pour se libérer de toutes ses entraves… il aurait sûrement tourné les talons. Plus encore, si on lui avait dit qu’il irait un beau jour en Corrèze et que ça lui changerait la vie… il nous aurait sûrement ri au nez !
« Le travail au noir, pour moi c’est de l’esclavage ! »
Pourtant, en juin 2025, il y est parti en séjour de rupture avec d’autres personnes accueillies. « C’était pour changer d’air, pour voir la France… J’aime beaucoup voyager ! », affirme-t-il. L’occasion de découvrir un sanctuaire dédié à saint Antoine de Padoue, de visiter des musées, de s’émerveiller devant les champs et les forêts à perte de vue. Et puis l’occasion de sortir la tête de l’eau, « d’y voir plus clair », commente Hassane. « J’ai compris qu’il y avait de l’espoir ! Ça a été comme un déclic pour moi. C’est mon plus beau souvenir aux Captifs… avec la fois où on a gagné au foot ! », lance-t-il avec un grand sourire aux lèvres. Des activités de dynamisation, des séjours de rupture qui sont mis en place pour accompagner chacun personnellement, pour réapprendre à vivre ensemble, quelques heures ou quelques jours, par le jeu, la culture, le voyage ou la prière. Tout en développant sa patience, son écoute et sa volonté. Un accompagnement personnalisé qui peut et doit prendre du temps ; mais comme le souligne Hassane : « c’est lent mais c’est bien fait ! »
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