« Grâce à vous je suis en paix »

Sandra est une personne transgenre : née dans un corps d’homme, elle se sent pleinement femme et souhaite être considérée comme telle. Sur sa route mouvementée, du Pérou à la France, en passant par les années sombres de la prostitution en Italie, Sandra a croisé la route des Captifs. Aujourd’hui, dans la confiance et comme un cadeau, elle nous partage son histoire à cœur ouvert.

Auxiliaire de vie auprès des personnes âgées en région parisienne, Sandra souhaite qu’on l’appelle par le prénom qu’elle s’est choisi. Son histoire a démarré au Pérou au sein d’une famille nombreuse catholique particulièrement croyante. Née dans un corps de garçon, à 6 ans, ce sont les robes de sa sœur qui l’attirent. Ses frères, qui surprennent ses séances de déguisements, vont commencer à l’humilier et l’insulter de façon quasi permanente : le début d’années de calvaire. Ses attitudes féminines et son orientation sexuelle dérangent. Sandra, très croyante, confiera sans cesse dans ses prières cette question : « Seigneur, pourquoi m’as-tu faite ainsi si personne ne m’accepte telle que je suis ?  Suis-je venue au monde pour souffrir ? ». A 16 ans, c’en est trop, sa décision est prise :  quitter le foyer familial pour une vie meilleure.

Pendant quelques années Sandra travaille dans un salon de coiffure, fait des ménages puis se forme à la coiffure. Ce métier lui plait, mais l’appel de l’eldorado européen est plus fort. Même si Sandra sait que c’est probablement la prostitution qui l’attend, la motivation de l’argent domine notamment dans l’espoir d’envoyer de l’argent à sa famille, tant aimée malgré tout.  

En 2006, Sandra arrive en Italie et découvre « le trottoir ». Trois ans, là encore, d’humiliations et d’insultes, auxquelles s’ajoutent des agressions à répétition. « La prostitution peut être très violente… Ce n’était pas une vie et j’ai donc décidé de quitter l’Italie pour la France ». L’espoir de repartir à zéro, de tout recommencer.

En France, Sandra rencontre l’association Arcat qui la forme à langue française et au métier d’auxiliaire de vie. Six mois plus tard, juste après sa formation, Sandra décroche un CDI, et ce malgré sa transidentité. La fierté inonde son visage : « Tout mon entourage me disait que je n’avais aucune chance de trouver un métier, que personne ne voudrait employer quelqu’un comme moi, et bien j’ai prouvé le contraire ! ».

« Les Captifs, vous êtes mon libérateur ! C’est grâce à vous que j’ai trouvé la paix. ».

Sandra

Il y a 5 ans, Sandra rencontre les Captifs grâce à une amie, elle-même accompagnée par l’association ouverte aux parcours comme le sien. « Les Captifs, vous êtes mon libérateur ! Même si je n’oublierai jamais le travail qu’à fait Arcat pour moi, c’est grâce à vous que j’ai trouvé la paix, vous êtes mon soutien spirituel. » nous révèle Sandra.  

Avec les Captifs, deux moments particulièrement forts restent gravés dans son cœur. Tout d’abord à Lourdes, en 2019, où Sandra nous confie y avoir été « libérée et réparée » de ses années de prostitution. Là-bas, le sanctuaire propose aux pèlerins d’être baignés dans l’eau de la source en provenance de la grotte des apparitions. Après un bain dans une des « piscines », Sandra s’est sentie comme nettoyée de toutes les agressions et insultes subies qui la rendaient « sale », selon son expression.

L’année suivante, c’est en sortie à Disneyland que Sandra se sentira à nouveau « libérée et réparée ». Là-bas, en l’espace d’une journée, la sensation d’avoir rattrapé toutes les années de souffrance de son enfance l’envahit. Une enfance qu’elle dit volée : « Un enfant doit rire, s’épanouir, s’amuser et non pas pleurer toute la journée et se détester comme je le faisais. A Disney j’étais comme une gamine, épanouie, bien dans sa peau et pleine de joie ! Alors merci les Captifs, grâce à vous je suis en paix. ».