Parole de bénévole aux Captifs

Personne en situation de prostitution accueillie par les Captifs.

Aux Captifs, nous ne sommes rien sans l’aide de nos bénévoles. Chaque année, nous accueillons quelques 50 nouveaux bénévoles. Des personnes de tous les âges s’engagent, en journée ou en soirée, dans tous les secteurs de Paris et certaines villes en région. Tournées-rue, permanences accueil, sorties et ateliers, soutien administratif … les missions sont possibles et variées ! Chacun y vit la rencontre. Témoignage d’Hortense, bénévole à l’antenne Sainte Rita (Paris 9ième) donné à la messe des jeunes de la Trinité (Paris 9ième). 

« J’avais besoin de découvrir un autre monde, un autre monde qui est en fait notre monde, que je vois tous les jours mais que je n’ose regarder parce que je ne sais pas faire, parce que mon impuissance m’affaiblit, parce que mes yeux deviennent aveugles à ce quotidien de détresse, parce que ma compassion s’est peut-être amoindrie aussi…

Bien sûr, je croise régulièrement des sans-abris, mais aussi des personnes prostituées pour qui mes regards sont plus froids, probablement parce que je comprends moins les raisons de leur situation…

C’est en fin de compte ce qui m’a poussée à me lancer, et je tourne depuis maintenant quelques temps à la rencontre des personnes prostituées en plein Paris 18e.

En partant la première fois, on se demande réellement de quoi on pourra discuter après le « Pas trop froid ce soir ? Couvre-toi bien hein, il fait si froid ce soir ! ». Alors que ces femmes, elles sont là, quasi statiques depuis la fin d’après-midi jusqu’à des heures tardives, en attente de potentiels clients. Mais alors, que peut-on faire, malgré l’envie irrésistible de leur demander comment chacune en est arrivée là.

Eh bien avec les Captifs, on vient les mains nues, avec une oreille attentive, prête à écouter. Puis, pas à pas, les relations se créent dans une confiance infinie.

Certaines femmes sont plus difficiles d’accès, le temps qu’elles nous reconnaissent et qu’elles soient certaines qu’on ne leur veut aucun mal. Et après plusieurs tournées, on comprend rapidement que chacune est une pépite, que chacune a une histoire de vie tellement différente : réfugiée politique devenue apatride, maman dont les enfants vivent dans un tierce pays, célibataire qui a une petite chambre à plus de 2h de Paris… Puis le Covid est également passé par là, ne laissant à certaines femmes que l’ultime choix de rendre leur détresse moins âpre, quoiqu’il en coûte.

Avec ces tournées, c’est autant d’amour, de joies, de rires, de partages passionnants et confiants, que de moments plus difficiles, entre soucis financiers et administratifs, non-respect, incompréhensions, déceptions, injustices, colères, révoltes, pleurs aussi… qui animent ces femmes qui nous remercient de venir les trouver dans leur pauvreté.

Malgré ma peur initiale de ne pas réussir à tenir cet engagement, je sais maintenant qu’elles nous attendent comme nous les attendons, et que le cadeau de nos échanges est si simple, si beau, si fort, qu’il est devenu pour moi une deuxième Eucharistie.

Je repars régulièrement le cœur serré de toutes nos conversations, mais aussi le cœur inondé de tous ces partages puissants et vrais, qui élèvent le cœur et l’esprit.

On ne juge plus. On écoute, on apprend, on grandit, on essaye d’aider. On se bat aussi pour elles, et avec elles. C’est simple, c’est pur. C’est dur aussi.

Mais leurs sourires, leurs câlins et leurs mercis nous le rendent infiniment.

Donc surtout, n’hésitez pas à nous rejoindre pour cette aventure avec les Captifs, c’est une réelle chance de trouver le Christ là où on l’attend peut-être le moins. »

Les Captifs recrutent !

Vous souhaitez vous investir pour « aller vers », et accompagner, les personnes de la rue ? Chez Aux captifs, la libération, nous avons une proposition à vous faire ! 

Homme ou femme, vous avez une formation de travailleur social (éducateur spécialisé, assistant social…) ou une première expérience probante du travail social, et savez accompagner les personnes rencontrées dans une approche globale. Vous aimez le travail en équipe, la vie associative. Vous savez créer un lien de confiance grâce à votre sens de l’écoute et votre adaptabilité. Vous partagez nos valeurs et notre projet. Aucun doute, cette offre est vraiment pour vous !

Ecoutez Amélie, Travailleuse social, et Paul, Responsable de secteur à Paris, vous parler de leur travail aux Captifs :

Ils vous ont convaincu(e) ? Découvrez nos dernières offres d’emplois !

N’hésitez plus et postulez en envoyant votre cv et lettre de motivation à rh@captifs.fr !

La Lettre d’information des Captifs

Depuis avril 2022, les Captifs ont inauguré un nouveau média : une Lettre d’Information, envoyée par mail.

Tous les 2 mois, cette lettre digitale vous tiendra informés des actualités des Captifs. Loin de remplacer le journal trimestriel « Mains Nues » ou la gazette interne mensuelle des bénévoles et salariés, ce nouveau média entièrement digital est pour tous ceux qui le souhaitent. Il suffit de s’inscrire ici.

Au sommaire de cette lettre ? Un édito de Thierry des Lauriers, directeur général, quatre actualités majeures des deux derniers mois écoulés, une interview d’une personne qui s’engage aux côtés des Captifs et un témoignage de bénéficiaires de l’association ainsi qu’une revue de presse. Entre articles, photos et vidéos, les Captifs sauront illuminer votre boîte mail !

La souplesse de ce média nous permet de vous donner des nouvelles quasiment en direct. Les articles donnent la parole aux personnes accueillies par l’association pour découvrir les actions des Captifs de l’intérieur, ainsi qu’à ceux qui agissent dans l’ombre : nos partenaires, nos bénévoles et nos financeurs. La communauté des Captifs n’aura plus de secrets pour vous !

Nous vous avons convaincus ? N’attendez plus et inscrivez-vous pour recevoir la prochaine Lettre d’information !

Proclamer l’Evangile dans la rue : émission diffusée sur KTO pendant le Carême

En ce Carême 2022, bénévoles et personnes accueillies des Captifs se sont succédés pour lire et proclamer un extrait de l’Évangile de Luc.

Chaque dimanche pendant le Carême, KTO, en partenariat avec notre association, a diffusé un épisode de la série « Proclamer l’Evangile dans la rue ».

Dimanche 6 mars : proclamer dans la rue l’Annonciation.

Dimanche 13 mars : proclamer dans la rue la parabole du Semeur.

Dimanche 21 mars : proclamer dans la rue le fils prodigue.

Dimanche 27 mars : proclamer dans la rue l’aveugle de Jéricho.

Dimanche 03 avril : proclamer dans la rue le récit de la Cène.

Dimanche 10 avril : proclamer dans la rue la Passion du Christ.

Dimanche 17 avril : proclamer dans la rue la Résurrection.

Urgence Ukraine – L’aide des Captifs

Depuis le mois de février, les Ukrainiens quittent en urgence leur pays pour échapper à la guerre. Nos équipes commencent à en croiser en rue et se mobilisent pour éviter les risques de Traite des Êtres Humains (TEH). Point d’étape avec Thibault Leblond, directeur du pôle Développement des Captifs.

 

Quelle est la situation aujourd’hui pour les Ukrainiens qui fuient leur pays ?

Globalement il y a deux situations :

  • Ce qui se passe dans les pays frontaliers, en l’occurrence en Pologne : des particuliers et des associations viennent proposer de l’aide et du transport. D’après nos contacts associatifs (L’œuvre d’Orient, Caritas ou des religieuses ukrainiennes) sur place, les personnes montrent des panneaux en indiquant « j’ai tant de places dans ma voiture ». Dans le lot, il y a malheureusement des proxénètes et autres malfrats. Le problème c’est que les gens montent en voiture mais ne savent pas où ils vont arriver !
  • La situation sur les pays de l’ouest, qui est un peu similaire. Il y a eu de nombreux signalements et la police a procédé à des arrestations de proxénètes qui essayaient de récupérer des jeunes femmes, en France comme ailleurs. Près des points d’arrivée et des lieux d’accueil.

Beaucoup vont vers le Sud de la France ou sur l’Espagne et le Portugal car il y a une grosse diaspora ukrainienne dans la péninsule ibérique. Mais maintenant, le Royaume-Uni fait rentrer les ukrainiens au compte-goutte. Une bonne partie d’entre eux restent donc en France. S’ils se présentent dans nos antennes, nous leur donnons l’adresse du point d’accueil à la Porte de Versailles par exemple.

Aujourd’hui, il y a une véritable alerte de l’Union Européenne et de l’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) sur la question des enfants (la moitié des réfugiés, au 30 mars, sont des enfants). L’autre moitié, ce sont majoritairement des femmes ou bien des hommes âgés comme les 18/60 ans doivent rester pour se battre. En parallèle, le Collectif Ensemble contre la traite des Êtres Humains, dont les Captifs sont membres, se mobilise pour informer les réfugiés des risques encourus et des gestes préventifs à mettre en place (prendre en photo les plaques d’immatriculation, ne pas se séparer de son passeport…). 

Quels sont les risques pour ces personnes et comment peut-on les limiter ?

Les personnes peuvent être victimes de personnes malintentionnées qui vont demander des contreparties déplacées en échange d’un transport ou d’un hébergement : services domestiques ou faveurs sexuelles. Il y a un signalement très clair sur les questions de traite des êtres humains.

Les Captifs ont pris les devants pour voir comment anticiper ce phénomène en France et comment sécuriser les couloirs d’arrivée dans les gares ou les autres spots. Plusieurs dialogues sont ouverts, notamment avec l’ambassade ukrainienne. Nous échangeons aussi avec JRS (Jesuit Refugee Service) qui alerte toutes les associations d’hébergement, à l’instar du Collectif contre la Traite. Le gouvernement a aussi envoyé un communiqué à tous les préfets (circulaire du 23 mars 2022 des ministères du Logement et de l’Intérieur), traitant de l’hébergement des réfugiés ukrainiens et incluant un paragraphe sur le sujet de la TEH.

« L’idée est de créer une espèce de tapage pour que les gens soient conscients qu’il y a un risque. »

Thibault Leblond

Quand on est dans une situation d’urgence, les gens ne se projettent pas sur le « après ». C’est l’émotion qui réagit. Pourtant, ce n’est pas après, une fois que les filles seront dans les réseaux que nous pourrons faire quelque chose.

Nous participons aux réflexions sur la sécurisation des espaces d’accueil et à la façon dont on accueille ces Ukrainiens, avec une vigilance accrue à l’hébergement par des particuliers  (« l’hébergement citoyen »). Comment est-ce qu’on contrôle les hébergeurs et comment est-ce qu’on les accompagne.

Cet élan collectif est vrai et bénéfique mais il risque de retomber comme chaque élan émotionnel. Les hébergements en famille ne peuvent pas durer 6 mois non plus.

A part de la sensibilisation, que font les Captifs ?

Nous ne sommes pas en première ligne mais nous allons récupérer la misère de la seconde vague. Ceux qui n’ont pas de familles en Europe ou ailleurs, ou bien qui n’ont pas eu les moyens de quitter l’Ukraine avant, vont arriver dans un second temps. Avec les traumatismes causés, il y a un risque de précarisation. Le public en grande précarité que nous rencontrons a aussi vécu un drame à un moment donné qui fait que tu coules. Il y a des chances que ces populations qui auront vécu cela, glisse dans cette même précarité .

Pour éviter cela, chacun doit avoir une attention fraternelle à ces gens qui arrivent chez nous pour permettre le plus de paix possible.

Les mots clés sont donc Information – Vigilance et Accompagnement.

 

 

  • Lire le flyer d’information aux personnes exilées

Ils s’engagent avec nous : Mathilde, responsable bénévole de l’antenne de Lyon .

Ancienne parisienne, Mathilde a découvert les Captifs… en arrivant à Lyon ! Il y a 5 ans, avec d’autres jeunes de la paroisse de Saint-Nizier, ils ont cherché une association pour les accompagner dans leur démarche vers les personnes de la rue. Deux d’entre eux sont allés frapper à la porte des Captifs à Paris.

Pourquoi les Captifs ? « A cause des mains-nues » s’exclame Mathilde quand on l’interroge. C’est cette spécificité qui l’a attirée :

« Dès le départ, on était dans cette démarche-là. Je crois qu’au début nous y sommes allés avec des Thermos, mais très vite l’idée c’était simplement d’aller les rencontrer. Connaissant ce fonctionnement pour les Captifs, on est allé vers cette association précisément. ».

A Lyon, il y a très peu, voire aucune, associations avec ce fonctionnement « à mains nues ». Plus que n’importe quelle antenne, les antennes en région vivent littéralement ce système de gratuité. Composée de bénévoles uniquement, l’équipe de Lyon ne propose aucun accompagnement social.

Le but premier ? Rencontrer l’autre dans son intégralité, non pas le sortir de la rue, mais venir à lui et être présent avec lui.

Une fois qu’ils se sont apprivoisés et sont devenus amis, les bénévoles et personnes de la rue vivent la relation dans une grande liberté, sans attente de présence aux différents événements de l’antenne (prière-rue mensuelle, etc.).

Depuis le mois de novembre, les Lyonnais ont aussi mis en place un accueil fraternel pour recevoir une fois par semaine, les personnes rencontrées. Mais qu’ils viennent ou pas, il n’y a pas d’enjeu dans l’amitié.  « Et pour ceux qui sont en grande souffrance, lors des tournées-rue, il arrive que nous les orientions vers des partenariats (comme le Samu social par exemple). Cela nous a aidé à ne pas nous sentir seuls. ».

En tant que responsable d’antenne, bénévole, Mathilde est attentive à ce que chacun trouve sa place, bénévole comme accueilli, dans un cadre sécurisant. Son rôle est de garantir l’unité et la gratuité. Le plus important étant de garder au cœur la mission principale : aller à la rencontrer et aimer nos frères de la rue. Malgré la distance qui la sépare du siège, Mathilde ne se sent pas isolée.

« On n’est jamais seul ! remarque-t-elle. Et rares sont les décisions qu’elle prend sans consulter les équipes : le coordinateur pour la précarité, le coordinateur pour le pôle prostitution, le coordinateur de la prière-rue et celui de l’accueil fraternel et le siège à Paris l’accompagnent à chaque pas. ».

Mathilde

Voilà comment tourne une belle structure de 24 bénévoles Captifs, qui chaque semaine, sillonnent Lyon pour porter le Christ dans la rue.

« Macron ou les autres, ils ne prennent pas forcément les bonnes décisions »

Dans un podcast diffusé depuis le 29 mars, deux personnes sorties de la rue et accompagnées par les Captifs, interpellent les candidats à l’élection présidentielle. Une campagne baptisée « Les Oubliés de la République », organisée par The Good Lobby France, un réseau d’expertise pro bono au service des sans voix, et diffusée sur la plateforme radio d’Arte.  

Fabrice, pendant le live sur Twitch avec François Hollande.

Entrepreneur pendant 42 ans, Fabrice est arrivé à la rue après de multiples galères administratives – dont il n’était pas responsable – qui l’ont contraint à fermer son restaurant et à licencier son personnel. L’équipe d’Aux captifs, la libération l’a rencontré alors qu’il vivait dans sa voiture, au Bois de Vincennes.

De son côté, Azzedine, autiste Asperger, s’est également retrouvé 4 ans à la rue, après de multiples galères. Tous les deux sont hébergés au sein de notre colocation solidaire Valgiros, située dans le 15e arrondissement de Paris.

  Leur histoire, ils ont pu la raconter au micro de l’équipe de The Good Lobby France, initiateur de la campagne « Les Oubliés de la République ». Ils ont pu également exprimer leurs attentes par rapport aux politiques publiques, et partager des propositions.

Le podcast a été mis en ligne le 29 mars, aux côtés de 5 autres, qui donnent la voix à des publics que l’on n’entend jamais : des personnes sans domicile, des jeunes placés par l’Aide Sociale à l’Enfance, ou encore des personnes en situation de prostitution.  

« En situation d’isolement, ignorés, parfois dans l’angle mort des politiques publiques, ces femmes et ces hommes perdent leur capacité à être acteurs de la société, privés de leur statut de citoyen, explique Gaëtan de Royer, directeur de The Good Lobby. Alors que la démocratie participative apparait comme un élément-clé de la construction d’une politique publique efficace, placer les Oubliés au cœur du débat public, les écouter, constitue un puissant message de fraternité, un premier pas vers leur reconstruction ».

Pour lancer la campagne, l’ancien Président François Hollande est venu, en direct, sur Twitch, écouter et discuter avec quelques témoins des podcasts. Il a écouté et partagé son retour d’expérience sur les décisions politiques qui peuvent être prises en déconnection avec certaines situations individuelles. Chacun a pu prendre conscience à quel point le lien humain est au cœur de la solution, et qu’il est souvent oublié. Pour Fabrice, la déshumanisation de l’administration française a clairement contribué à sa chute.

« Quand vous avez une question à poser sur votre dossier, dans le Jura, et que votre interlocutrice est une téléopératrice basée en Espagne… Comment voulez-vous qu’elle me comprenne ? 

Fabrice

La campagne des « Oubliés de la République » a été lancée en partenariat avec d’autres associations qu’Aux captifs, la libération : Repairs !75 (association d’entraide d’enfants placés), Solenciel (réinsertion des personnes victimes de prostitution), et Entourage (création de liens de voisinage pour les personnes sans-abri). Elle se poursuivra par une consultation des candidats sur leurs ambitions pour lutter contre l’exclusion « civique » et, durant le prochain quinquennat, en sensibilisant les parlementaires à l’intérêt d’engager des rencontres directes avec les Oubliés.

  • Ecouter le podcast de Fabrice et Azzedine .
  • Revoir le lancement des Oubliés de la République, avec Fabrice et François Hollande.

Prier pour et avec les personnes de la rue

Les Captifs se sont pressés dans l’église Saint-Leu-Saint-Gilles jeudi 31 mars dernier. Toutes les antennes parisiennes : accueillis, bénévoles et salariés se sont retrouvés dans notre antenne de Paris Centre pour prier ensemble.

Tous les ans, la Veillée-rue rassemble la famille Captifs pour un temps de prière. Quel moment de joie de pouvoir se retrouver à nouveau. Et cette fois-ci, l’événement a pris une tournure différente.

En l’honneur de la sanctification de Charles de Foucauld, le temps de prière était précédé du spectacle de Francesco Agnello : « Charles de Foucauld, frère universel ». A travers l’histoire de sa vie et ses écrits, nous avons pu méditer sur cette fraternité. Ce grand personnage qui a voulu aller jusqu’au désert pour se mettre au service des plus pauvres et qui, à l’image du Christ, a tout fait pour prendre la dernière place. Combien son exemple résonne aux oreilles des Captifs, vivant dans la rue ou œuvrant à leurs côtés.

De Saumur à Tamanrasset, les périples de Charles n’ont plus de secret pour nous.

 

« Jamais aucun vaisseau, ni à voiles, ni à vapeurs, ne te mènera aussi loin que la prière ! »

Charles à son neveu

Le Chœur de Saint Roch a ensuite pris le relai pour bercer la prière. Au pied du Saint Sacrement, chacun a pu venir déposer ses soucis, ses intentions pour les confier au Christ. « Nada te turbe », que rien ne te trouble : tous, nous sommes repartis plus apaisés et heureux de ce moment privilégié.

Grâce à vous, les femmes de Sainte-Rita sont parties en séjour !

Partir en séjour, cela sonne comme un départ en vacances. Mais au sein des Captifs, le séjour représente bien plus que cela : un vrai moment de rupture par rapport à la vie en rue, une étape sur un parcours de réinsertion. Et en effet,  quand Joy raconte sa semaine avec les Captifs, son regard brillant annonce les effets bénéfiques de ce voyage !

En février dernier, l’antenne de Ste Rita (Paris, 9e) a emmené 5 femmes, ayant été ou en situation de prostitution, dans les montages, chez Sylvain. Cette famille accueille des associations pour des courts séjours dans les Alpes. Ces quelques jours ont pour objectif de couper avec l’univers de la rue, de se détendre pour retrouver une juste estime de soi et retrouver le courage d’avancer sur le chemin de la réinsertion. Joy a ainsi quitté Paris pour la première fois depuis son arrivée en France.

En 2018, alors qu’elle vient de se faire voler son sac (avec tous ces papiers) par un client, Joy rencontre un binôme de bénévoles des Captifs. Depuis cet événement, elle vient régulièrement à l’antenne de Ste Rita. Les bénévoles et les travailleuses sociales sont devenus ses amis. Aussi quand ils lui proposent de partir à Mesnay, ville où se situe la maison d’ATD Quart Monde, elle n’hésite pas une seconde !

Le programme du séjour ? Des glissades en luge, de grandes marches dans les montagnes pour aller chercher de l’eau à la source, des visites à la ferme/laiterie du voisin. En riant et en me montrant mille et une vidéos, Joy remercie les donateurs pour ces bons moments loin des violences du quotidien :

« On cuisinait ensemble, on mangeait ensemble, on a passé du temps ensemble et c’était vraiment bien ! »

Joy

Ce temps passé avec le binôme de bénévole/salariée présent et les 5 femmes, ont permis d’approfondir les relations. Dans un cadre différent, avec une ambiance moins formelle, les langues se délient et la fatigue s’estompe. Les quelques chutes en luge, la traite des vaches : des moments de détente qui sont autant de bons souvenirs que les femmes gardent précieusement. Pendant quelques jours, Joy et les autres femmes ont quitté leurs soucis pour découvrir la paix des montagnes.

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Marie-Paule, de la prostitution au bénévolat

Dans ce témoignage, Marie-Paule nous raconte comment, grâce aux Captifs, elle a pu sortir de la prostitution et est devenue une bénévole très investie.

Quand Marie-Paule rencontre les Captifs pour la première fois, elle a 62 ans et vend son corps autour de la Gare Saint-Lazare à Paris. 40 ans plus tôt, elle quittait son Nord natal pour fuir un mari violent.

A l’époque de son arrivée à Paris, Marie-Paule fait la rencontre fatale d’un proxénète qui pendant des années la fera tourner à travers l’Europe ; en France, en Belgique et en Hollande. Une vie d’esclavage où on la paie avec des jetons de poker, où on la suit jusque chez le gynécologue, où, pour la terrifier, on lui montre des photos de fugueuses tabassées.

Ce n’est que grâce à l’emprisonnement de son proxénète qu’elle retrouvera sa liberté.

Alors, même des années plus tard, Marie-Paule, qui continue de se prostituer à son compte pour acheter une petite maison, n’a confiance en personne. Seulement, nous confie-t-elle : « Ces bénévoles de l’association Aux captifs, la libération ne sont pas comme les autres. Leurs maraudes sont les mains vides, ils ne proposent rien, sauf des préservatifs si on leur demande. Ils ne cherchent pas à savoir pourquoi ni comment on se prostitue. Ils sont juste là, fidèles au rendez-vous, le même binôme revenant toutes les semaines. ». « Ils étaient polis et ne s’imposaient pas », ajoute Marie-Paule, qui finit par se laisser approcher. Au bout d’un certain temps, elle accepte de venir à l’antenne Sainte-Rita (Paris 9e). Là, elle est reçue comme une personne dans toutes ses dimensions y compris spirituelle et non pas comme une victime qu’il faut sauver. Pour Marie-Paule, qui aime allumer des bougies dans les églises parisiennes, cette dimension religieuse est un énorme plus.

Aussi, Marie-Paule participe assidûment aux séjours proposés par les Captifs. Lors d’un de ces derniers, elle a rencontré le Pape François à Rome. Et c’est lors d’un séjour à Lourdes qu’elle a eu une discussion décisive avec l’un des prêtres qui accompagnent les Captifs. « Il m’a dit : “Bon, Marie-Paule, on fait quoi maintenant ?” Je lui ai répondu : “Mon père, à la fin de l’année, j’arrête la prostitution.” Et je l’ai fait ! », raconte-t-elle, en précisant : « Il m’a beaucoup soutenue. C’est ce prêtre qui m’a envoyée comme bénévole à la soupe des SDF », à la paroisse voisine de la Trinité.

Marie-Paule | Aux captifs, la libération

« C’est une association exemplaire, vraiment, moi, en tout cas, c’est grâce aux Captifs que je suis heureuse maintenant. »

Aujourd’hui, Marie-Paule est une bénévole à l’antenne Sainte-Rita où elle tient les permanences, malgré un cancer qui l’affaiblit.  « C’est une association exemplaire, vraiment, moi, en tout cas, c’est grâce aux Captifs que je suis heureuse maintenant. » conclut Marie-Paule.

Merci au quotidien La Croix qui a recueilli ce témoignage. 

Merci à nos donateurs et aux partenaires financiers qui soutiennent les Tournées Rues et les Accueils pour les personnes en situation de prostitution : Fondation Ad Astra,, Fondation Alter&Care, Fondation Anastasis, Fondation Cassiopée, Fondation Césarini, Fondation Eléos, Fondation Lila Lanier, Fondation Moral d’Acier, Fondation Pélissié du Rausas, Fondation Pipsa, Fondation Saint Vallerin, Fondation Sainte Foy, , Fondation Sisley, , le Secours Catholique.