Ingénieur à Lyon, Benoît de Foucaud découvre Aux captifs, la libération, lors des Journées Mondiales de la Jeunesse (JMJ) à Lisbonne. Ce qui l’interpelle d’emblée : le principe des maraudes appellée tounrées-rue « à mains nues », aller à la rencontre des personnes de la rue sans rien apporter d’autre que sa présence.
« Rien d’autre à apporter que vous-même »
« Votre mission, si toutefois vous l’acceptez, consiste à aller dans la rue, à la rencontre des gens qui y vivent. En binôme, chaque semaine, le même jour, à la même heure, sur le même parcours afin de rencontrer les mêmes personnes et ne rien leur apporter d’autre que vous-même et votre désir de créer du lien avec eux. »
C’est ce qu’Aux captifs, la libération propose à ses futurs bénévoles. La réponse de Benoît a été immédiate : « J’accepte ! »
Accompagner les personnes de la rue : le lien avant tout
C’est la gratuité qui a d’abord séduit Benoît, alors qu’il était engagé aux Restaurants du Cœur : « C’est là que j’ai compris l’importance de créer du lien avec ceux qui sont exclus, isolés, parce que c’est ce lien qui permet aux gens de s’en sortir et de prendre confiance en eux. »
En 2023, touché par un témoignage, il rejoint les Captifs et part désormais chaque semaine en tournée-rue (maraude) sur la Presqu’Île de Lyon.
Bénévole « mains nues » : une aide aux sans-abri pas comme les autres
« La première fois, on appréhende la manière dont on va être reçu, nous qui ne donnons rien d’autre que notre présence… Et finalement, c’est assez rare d’être refoulé ! Parce que la plupart des passants les ignorent, ils ont un grand besoin de considération. »
Aucun apport matériel ne vient fausser le lien qui s’établit. Certains lui confient même : « Je préfère que tu me parles plutôt que tu me donnes une pièce ! » Pour Benoît, les rencontres n’en sont que plus vraies : « Le principe des mains nues permet d’établir un lien de confiance en écoutant pleinement. On ne fera pas de miracle… on pose juste des graines. Le secret, c’est de revenir chaque semaine ! »
L’accompagnement dans la précarité : la fidélité, ce qui porte du fruit
Même quand la personne semble indifférente ou refuse toute aide : « La vraie richesse, c’est cette rencontre, cette relation d’égal à égal, où chacun donne et reçoit. » Petit à petit, les choses changent.
« Un jour, une personne rencontrée dans la rue m’a reproché mon absence pendant les vacances d’été, alors qu’elle n’avait jamais montré de signe d’affection particulier… Là, j’ai compris que l’attention fidèle et gratuite qu’on portait à chacun avait beaucoup d’importance pour eux. »
Et parfois, les fruits sont visibles : « Un matin, en prenant le métro à Lyon, j’aperçois soudain le conducteur avec un air familier… Cet homme, je le croisais chaque semaine lors de ma tournée-rue sur la Presqu’Île !» En allant le saluer, la gratitude lue dans son regard lui a suffi : « Ça sert à quelque chose. »
> Retrouvez l’intégralité du témoignage sur notre Mains Nues de mars.
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