
Depuis cet été, le Père Geoffroy de Talhouët a rejoint les Captifs en tant qu’aumônier. Prêtre depuis près de vingt ans, il a exercé différentes missions au sein du diocèse de Paris, notamment auprès des séminaristes, des étudiants, en paroisse et auprès des personnes détenues. Sa rencontre avec les Captifs s’est faite de manière inattendue, grâce à Radek, accompagné par l’association.
Un parcours marqué par la rencontre
Ordonné prêtre en 2007, le Père Geoffroy est parisien et troisième d’une fratrie de quatre enfants. Avant d’entrer au séminaire en 2000, il étudie le droit à Paris 1 et exerce pendant quinze mois comme avocat.
La formation devient ensuite le fil rouge de son ministère. Pendant plusieurs années, il est engagé au Séminaire de Paris, tout en exerçant différentes missions : aumônier d’étudiants à Jussieu, enseignant, directeur de la Formation ecclésiale des baptisés (FEB), vicaire en paroisse… Il est également aumônier à la prison de la Santé pendant quatre ans.
Depuis septembre 2025, il est curé de Notre-Dame-de-Lorette, dans le 9e arrondissement de Paris.
Une rencontre inattendue avec les Captifs
Les Captifs font depuis longtemps partie de son univers parisien. Il avait déjà croisé l’association lors de passages à l’antenne de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul et a toujours été particulièrement sensible aux personnes les plus pauvres, notamment à travers les maraudes et Hiver Solidaire.
Mais c’est une rencontre avec Radek, accompagné par l’espace Marcel Olivier (EMO) des Captifs, qui va ouvrir un nouveau chemin.
Sur le parvis de Notre-Dame-de-Lorette, le Père Geoffray fait sa connaissance. Le jour de son installation comme curé, il l’invite à participer à la cérémonie. Radek accepte et se retrouve au premier rang.
De retour à l’EMO, Radek raconte cette rencontre à Thierry Desjuzeur, directeur général de l’association, alors présent. Les Captifs recherchent justement un nouvel aumônier. Quelques temps plus tard, le Père Geoffray est contacté par les Captifs.
« C’est donc par Radek que l’offre m’a été faite. »
Il accepte finalement cette nouvelle mission, attiré notamment par la dimension spirituelle de l’association : « Ce n’est pas seulement une assistance sociale. Il y a un souci d’apporter une Bonne Nouvelle aux plus pauvres et de se laisser évangéliser. »
« Apporter le Christ, une présence gratuite »
Pour le Père Geoffroy, son arrivée commence par une volonté simple : prendre le temps de connaître les personnes accompagnées, les bénévoles et les salariés, et de se laisser lui-même rejoindre par la réalité de la mission.
Son rôle sera ensuite d’apporter ce qui fait la spécificité de son ministère : une présence du Christ, gratuite et accessible. Cette dimension spirituelle ne se situe pas à côté de la mission sociale, mais peut se vivre au cœur même des rencontres, dans l’accueil, les tournées-rue et les liens qui se créent au quotidien.
« La pauvreté ouvre à cette présence »
Le Père Geoffroy est convaincu que la foi peut occuper une place profonde dans la vie des personnes en situation de grande précarité. Il l’a notamment découvert à travers sa relation avec Radek, dont le désir de participer à la messe l’a particulièrement marqué.
« Il y a une vraie soif et un vrai désir, chez les personnes de la rue, de se nourrir du Christ. Elles perçoivent la présence du Christ. »
Une expérience qui l’amène à porter un autre regard sur la pauvreté et sur les personnes dans la rue : « Je pense que la pauvreté ouvre à cette présence. Ils sont capables de dire que Dieu les aime alors qu’aux yeux du monde, ils semblent délaissés et abandonnés par Dieu. »
Un appel à la communion
Pour le Père Geoffroy, son arrivée aux Captifs est enfin un appel à avancer ensemble. Salariés, bénévoles, permanents ou ponctuels : chacun participe à une même mission.
« Que l’on soit salarié ou bénévole, on participe tous à une même mission. Il faut travailler en communion, tous ensemble. »
Une invitation à ne pas travailler chacun de son côté, mais à faire vivre une communauté unie autour d’une même mission : aller à la rencontre des plus pauvres et se laisser transformer par ces rencontres.
