Accompagnement des personnes alcoolo dépendantes

Les démarches d’accompagnement des personnes alcoolodépendantes dans leur relation à l’alcool et leur parcours de soin transforment positivement leurs vies, même si les ré-alcoolisations sont fréquentes. Dans le cadre de son Programme addictologie (Programme Marcel Olivier) lancé en 2012, l’association réalise un travail de fond avec les personnes de la rue alcoolodépendantes.

 

 

Parcours de soin pour quitter l’alcool

 

Un parcours de sortie d’alcool se déroule en plusieurs étapes :  

 

1- La construction du lien

Pour pouvoir proposer de l’aide à une personne dépendante à la rue, la première étape est d’établir un lien de confiance avec elle. C’est la phase de la rencontre Captifs dans les Tournées-rue et les permanences d’accueil.

 

 

Sortir de l'alcool2- La naissance du désir de sortie de l’alcool – le « déclic »

Dans des parcours de rue, le désir de sortir de la dépendance alcoolique, très lié au désir de sortir de la rue,  peut se fait jour à des moments clés comme :

  • un séjour de rupture, où elle retrouve le goût de la vie hors de la rue et un rapport de vérité sur sa dépendance
  • un temps hors de la rue comme la participation à un atelier une séance de cinéma, une sortie culturelle,  qui permet de « ramener la réflexion » et se déshabituer pour quelques heures de la rue
  • une hospitalisation forcée pour de graves problèmes de santé qui obligent au soin et peuvent mettre la   personne face à sa peur de la mort
  • un moment où la personne « touche le fond », voit ses derniers soutiens se détourner d’elle en raison des conséquences de son alcoolisme

 

3- La réflexion sur le projet de vie hors alcool

Sortir de la dépendance alcoolique implique de penser une nouvelle vie, hors des habitudes liée à l’alcool et à la rue. Toute reconstruction demande l’élaboration d’un projet de vie avant ou pendant le soin, le plus tôt possible. Si l’abstinence est un préalable nécessaire, elle n’est pas un but en soi puisque la finalité de la démarche est d’aller mieux. Il est important au moins d’amorcer le projet avant le soin pour que les accompagnants puissent soutenir la personne en lui rappelant son projet, ce qui l’aide à donner un sens aux efforts qui vont être demandés.

 

Séjour en cure4- L’étape du soin : la cure et la postcure

Le sevrage se déroule à l’hôpital Bichat, avec qui Aux Captifs la libération a signé une convention de partenariat.  Il se déroule en 15 jours d’hospitalisation. Lorsque la personne accompagnée est prête, un RDV est pris avec la psychologue du service alcoologie de l’hôpital Bichat pour faire un point sur sa dépendance. Un accompagnant s’y rend avec elle pour la soutenir. Les accompagnants sont attentifs aux détails pratiques (rechange pour la semaine, un peu d’argent, produits d’hygiène, cigarettes). Le passage par la post-cure (de 5 semaines à 3 mois) est recommandé pour les personnes de la rue pour consolider le travail initié en cure, en milieu protégé, étant donné la complexité des problématiques de ce type de public. Cela permet également de dégager du temps pour préparer la sortie du soin. Il s’agit de consolider l’abstinence autour d’un projet global et construit de réhabilitation :

Le passage en soin peut être un moment difficile à supporter pour les personnes de la rue qui perdent tous leurs repères, d’autant que les problèmes psycho-sociaux qui les ont conduits à la rue réapparaissent. Il est donc primordial de ne pas rompre le lien avec le ou les accompagnants qui doivent continuer à encourager et soutenir les patients. Les visites régulières par les accompagnants Captifs maintiennent les personnes dans une dynamique. Cette présence amicale fidèle maintient l’envie de s’en sortir en rappelant à la personne qu’elle a de la valeur, que son destin importe à quelqu’un.

 

 

Sortir de l'alcool5- La reprise d’une vie « hors alcool » – la consolidation

Les difficultés principales commencent après la postcure. C’est à ce moment là que la continuité du suivi est cruciale. Les personnes doivent retrouver logement, travail, amis, sens à leur vie et durer dans leur abstinence. Il est important de prévoir la sortir et de bien préparer la personne le plus tôt possible et tout au long du parcours sur les différents défis qui vont l’y attendre. Là encore, le travail en équipe et en réseau est essentiel : la personne doit sentir qu’elle est accompagnée dans une équipe soudée.

Tout ce parcours n’a de sens que si le suivi alcool est installé en amont et en aval. Souvent les personnes en sortie de postcure pensent qu’elles n’ont pas besoin d’être suivies parce qu’elles peuvent avoir l’impression que tout va bien. Pourtant, c’est précisément à ce moment là qu’il faut tenir. C’est important qu’elles continuent à être accompagnées sur le plan de la dépendance. Les parcours de soin permettent de stopper la mise en danger provoquée par les alcoolisations massives.

 

Ils favorisent la reprise des démarches administratives et l’accès à un hébergement : des solutions d’hébergement sont systématiquement recherchées trouvées pour les personnes entamant un parcours de soin.  Ils permettent de commencer des activités bénévoles ou artistiques, de reprendre un travail, d’enclencher un accompagnement psychologique/psychiatrique, de reprendre contact avec sa famille, de retrouver l’espérance d’une autre vie que la vie à la rue.

 

 

Risques de réalcoolisations

 

Les réalcoolisations, même si elles sont accompagnées, peuvent être destructrices. Les sevrages à répétitions sont  anxiogènes. Certaines personnes  de la rue refusent catégoriquement l’hôpital et donc le modèle sevrage/post-cure, d’autres refusent l’abstinence.

 

Ce projet bénéficie du soutien financier de la Fondation Bettencourt Schueller qui souhaite ainsi contribuer à la consolidation d’un accompagnement dans la durée des personnes sans-abri alcoolodépendantes. 

 

Découvrez nos actions pour les personnes souffrant d’addictions :