L’accompagnement dans l’alcool et la réduction des risques et des dommages

 

De septembre 2015 à décembre 2016, l’équipe Marcel Olivier expérimente de nouveaux outils d’accompagnement des personnes de la rue « dans l’alcool », c’est-à-dire sans objectif d’arrêt des consommations.

 

 

Alcoolisme et dépendance ©Géraud BosmanProblèmes de ré-alcoolisations

Suite à la phase 1 du programme (2012 2014), des questionnements sur la pertinence d’une proposition unique consistant en un accompagnement vers l’abstinence via un sevrage et le manque de proposition alternative ont émergé. En effet, les ré-alcoolisations sont parfois compliquées à gérer pour les personnes et les équipes. Pour les personnes accompagnées, les ré-alcoolisations, même accompagnées peuvent être destructrices. Les sevrages à répétitions sont  anxiogènes.  Certaines personnes  de la rue refusent catégoriquement l’hôpital et donc le modèle sevrage/post-cure, d’autres refusent l’abstinence. Aux captifs, la libération a décidé de développer d’autres modes d’accompagnement rejoignant aussi ces personnes.

Concernant le centre de stabilisation Valgiros, nous avons pris conscience des limites de la politique « zéro alcool » : sujet alcool qui devient tabou alors qu’il est omniprésent, introduction cachée d’alcool, hyperalcoolisation avant d’entrer, violences, obligation de mise à l’écart, tensions, etc.  

 

 

Accompagnement dans l'alcool ©esprit-photo.comL’expérimentation de « l’accompagnement dans l’alcool »

Les personnes seront accompagnées, à leur demande,  vers un mieux être, vers des consommations qui soient moins handicapantes au quotidien et qui aboutissent parfois à une régulation dans la consommation voire même une abstinence. Cette expérimentation doit permettre de :  

  • Vérifier que cette nouvelle pratique répond à un besoin et que les personnes de la rue s’en saisissent, qu’elles y trouvent sens et intérêt.
  • Tester les différents outils, expérimenter ceux qui fonctionnent et inversement.
  • Vérifier que cette nouvelle pratique permet une avancée des personnes dans leur relation au produit. 
  • Vérifier comment s’ajustent les propositions abstinence/réduction : cette nouvelle proposition permet-elle une amélioration qualitative de la préparation de l’étape du soin ? 
  • Expérimenter comment un travailleur social peut être acteur d’une démarche de réduction des risques et des dommages.
  • Formaliser les fruits de l’expérimentation : consigner les connaissances pratiques pour un référentiel spécifique pour l’accompagnement des personnes de la rue dans l’alcool à  la fin de l’expérimentation.

 

Par ailleurs, une réflexion spécifique sur le même thème se met en place au sein du Centre d’Hébergement de Stabilisation Valgiros.

 

Ce projet bénéficie du soutien financier de la Fondation Bettencourt Schueller qui souhaite ainsi contribuer à la consolidation d’un accompagnement dans la durée des personnes sans-abri alcoolodépendantes. 

 

Découvrez nos actions pour les personnes souffrant d’addictions :