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Nos Amis de la rue viennent à l’antenne avec toutes leurs difficultés et leurs blessures : isolement, solitude, relations affectives abîmées, brisées, inexistantes, fantasmées… Corps blessés, vêtements sales, perte ou inexistence d’une image de soi belle et valorisante, odeurs…
« Je voudrais que tu sois ma femme ! », « Tu veux coucher avec moi ? », « Tu as une belle poitrine », « Tu ne m’embrasses pas ? », « Vous êtes ma princesse », « Je vous laisse la moitié de mon cœur », « Cela me fait tellement de joie de vous voir : vois êtes si belle »…. A nous de réagir, à chaud, sans nous offusquer de ces déclarations, expression de leur désir, de leur manque, des vides immenses dans leurs vies. C’est aussi la preuve qu’ils sont vivants !
Régulièrement, lors des prières-rues, des moments festifs (Noël, Fête-rue, séjours), il y a repas partagés, musique, danse, quotidien de la vie partagé. A nous d’établir cette bonne distance, cette relation juste avec chacun en mettant des mots, en répondant simplement, en posant des gestes simples, chacune selon ce que nous sommes.
« Non, tu sais, je suis déjà mariée » (ou bien, « j’ai un fiancé »), « Non, je ne veux pas coucher avec toi » : ce n’est pas cette relation-là que je t’offre. Oui, je veux bien t’embrasser mais quand tu seras lavé, oui cela me fait tellement plaisir de vous voir, moi aussi… Oser penser et dire à celui qui est blessé : « oui, reprends confiance, regarde toi avec d’autres yeux, oui tu es beau, oui prends soin de ton corps, oui je peux t’embrasser comme mon ami, je peux te prendre par le bras, par les épaules, je peux te regarder dans les yeux. Je peux voir l’homme que tu es encore, que tu veux devenir à nouveau. Je peux te redonner vie par mon amitié, mon affection... »
Dans les antennes, on accueille, on rit, on danse, on pleure ensemble, on partage les nouvelles joyeuses, tristes ou terribles quand c’est le décès d’un autre… Mais aussi, on chante, on lit la parole, on partage, on prie ensemble… Nous essayons de vivre un regard bienveillant sur chacun, sans jugement, forts d’un amour qui ne nous appartient pas et que nous voulons vivre ensemble.