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Le principe de continuité de prise en charge et de non remise à la rue, édicté par la loi du 15 mars 2007 instituant le droit au logement opposable, a profondément modifié le paysage de l’hébergement à Paris. Il a notamment consacré le concept d’hébergement de stabilisation, dont les premières expériences avaient été conduites par l’association Cœur des Haltes dès 2005. L’idée était alors de proposer un hébergement d’une durée suffisamment longue pour que les personnes les plus désocialisées aient le temps de reconstruire de repères de vie hors de la rue, avant de se projeter dans un mode de logement plus autonome. De plus, une personne n’est pas livrée de nouveau à la rue tant qu’elle n’a pas trouvé une solution d’hébergement ou de logement qui lui convienne.
Malgré les difficultés qui subsistent, tous les acteurs considèrent aujourd’hui que le principe de stabilisation constitue une avancée majeure pour les personnes de la rue elles-mêmes. Elles n’ont plus l’angoisse de se retrouver à la rue à brève échéance au terme de leur prise en charge. On se demande aujourd’hui comment le dispositif a pu ainsi fonctionner en remettant les personnes à la rue tous les 7 jours, voire tous les jours et tous les matins !
Cette avancée présente néanmoins deux effets négatifs : Le premier est que les personnes les plus désocialisées peuvent avoir du mal à se « stabiliser » dans un lieu d’hébergement collectif. Elles risquent donc de se retrouver exclues de ces dispositifs. Bien des acteurs constatent qu’aujourd’hui la situation des personnes les plus fragiles (problèmes de dépendance alcoolique, psychiatriques...) parait plus dégradée et plus difficile à résoudre. A vrai dire cet obstacle peut être résolu en donnant priorité dans nos structures et établissements précisément à ces personnes les plus fragiles.
Mais les dispositifs d’hébergement se heurtent à un autre problème structurel : le manque de logements pour en assurer la sortie. A cause de ce manque, la rotation des places dans les centres d’hébergement est très faible, beaucoup plus faible que lorsque les personnes étaient remises à la rue tous les sept jours.
Ainsi le dispositif est aujourd’hui quasi paralysé et le restera tant qu’il n’y aura pas plus de logements proposés pour en sortir.
J.Y. Q.