Si cette animation ne s’affiche pas : télécharger flash


Accueil > Comprendre l’exclusion > Les jeunes en errance > L’édito

Les jeunes en errance

L’édito

de Jean-Guilhem Xerri, président



Ces jeunes qui errent

Le passage de l’enfance à l’âge adulte, avec ses jalons successifs vie familiale - formation – emploi, permettant d’accéder à un logement et de fonder une famille à son tour a considérablement évolué ces dernières décades. Aujourd’hui nous rencontrons sur nos trottoirs des jeunes pour qui cette transition est devenue chemin d’errance, au risque de s’y perdre. De plus en plus nombreux, ils sont aussi de plus en plus jeunes. En rupture avec leurs familles, sans toit, parfois jeunes mères ou étrangers, ils sont souvent installés près des gares, errants et peu mobiles. Ils se rassemblent autour de la « manche », des stupéfiants ou de la prostitution …

Avec un niveau de qualification faible, une santé dégradée, un éloignement de leur quartier d’origine et des conduites polytoxicomaniques marquées, ces jeunes ne bénéficient pas de prestations ou de structures sociales adaptées à leur tranche d’âge 18 – 25 ans.

Leur dénominateur commun est d’avoir manqué d’enfance : guerres pour les uns, parcours familial chaotique pour les autres ; si bien que leur pauvreté est monétaire mais surtout symbolique. Ils ne sont pas tant déstructurés que non structurés. Ils peuvent susciter des sentiments de peur, c’est pourtant eux qui sont en danger. Leur errance est l’antichambre de la grande exclusion.

La jeunesse demeure néanmoins pour eux aussi l’âge des rêves et des possibles. Période charnière, elle est un carrefour où ils attendent de rencontrer des adultes capables de rester debout avec eux, d’accepter leurs errements pour mieux leur indiquer que la rue peut n’être qu’un passage. A cet âge fragile, ils ont plus que d’autres encore besoin de faire l’expérience de la gratuité d’un amour qui ne se vole, ne se vend ni ne se force mais qui se donne.

Il s’agit aussi d’inventer de nouvelles approches de réinscription sanitaire et sociale pensées pour eux. Les Captifs, à leur mesure, s’y attachent en travaillant à un projet qui leur soit spécifique. L’errance est en réalité immobilité, soyons des adultes qui mettent en mouvement !