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Mal inévitable, mal nécessaire, fléau social ? Le fait prostitutionnel suscite depuis toujours des considérations variées. La réalité de la rue nous conduit d’abord à le situer dans une logique de personnes : femmes, hommes, parfois mineurs, vivant cette situation dans des conditions et des modalités très différentes. Malgré certains discours, être prostitué ne résulte pas d’un choix réellement libre ; pas plus que d’être client. La misère affective et sexuelle, la contrainte, la peur, la violence accompagnent le plus souvent cette relation entre deux individus. Les Captifs, par leur présence leurs compétences et leur regard, s’efforcent de rencontrer ces personnes ; de travailler avec elles à des prises en charge pertinentes privilégiant l’amitié et l’insertion, notamment professionnelle.
Notre société parait bien ambivalente : d’un côté des efforts de répression qui rendent la prostitution invisible et davantage clandestine avec les conséquences péjoratives associées ; de l’autre, l’explosion de la pornographie dans les médias et l’Internet, s’exposant en particulier aux yeux des enfants.
La réflexion ne peut pas alors se limiter à l’ordre sécuritaire, sanitaire ou moral. Ce qui se joue dans la prostitution ou la pornographie est une caricature du mystère de la sexualité. Il s’y révèle le décalage douloureux et si humain entre nos aspirations intimes à des relations accomplies dans la reconnaissance réciproque des personnes et ce qui est, par nos limites et notre inachèvement, parfois vécu dans la réalité.
« Les prostituées vous précéderont dans le Royaume des cieux », nous interpelle Jésus. Provocation ou révolution ? Il s’agit d’un monde où l’amour se réalise, à construire par chacun de nous, même fragile ! Peut-être ceux qui ont des vies les plus marquées d’impasses et de mépris perçoivent-ils plus que d’autres la nécessité de demander à l’Amour que Son règne arrive …